Comment j’ai appliqué
le design en permaculture à ma cuisine
Et comment ça peut changer ton quotidien
Pourquoi parler de permaculture… en cuisine ?
Quand on entend le mot permaculture, on pense immédiatement à un potager luxuriant, à des buttes de culture, à des vergers en fleurs ou à des champs organisés en polyculture. Moi aussi, c’est ce qui me venait en tête, jusqu’au jour où j’ai réalisé que la permaculture, ce n’est pas seulement une méthode agricole.
C’est avant tout une philosophie de conception : observer, comprendre et aménager un espace de manière à ce qu’il fonctionne de façon harmonieuse, durable et efficace. Autrement dit, la permaculture, ce n’est pas seulement cultiver des légumes… c’est cultiver des systèmes qui prennent soin des personnes, de la planète et du futur.
Et où passe-t-on une grande partie de notre temps chaque jour ? Dans la cuisine.
C’est là qu’on prépare nos repas, qu’on gère nos aliments, qu’on produit (ou gaspille) des déchets, qu’on stocke notre énergie alimentaire… bref, c’est une zone stratégique dans la maison.
Un jour, en lavant de la salade, en voyant l’eau aller direct à l’égout, les feuilles attirer les mouches dans mon bac à déchets organiques, j’ai eu un déclic : et si j’appliquais le design en permaculture à ma cuisine ?
C’est cette expérience que je vais partager ici. Non seulement je vais te raconter comment j’ai repensé mon espace, mais aussi te montrer comment toi aussi tu peux le faire, même si ta cuisine est minuscule, louée, ou déjà encombrée.
Petit rappel : qu’est-ce que le design en permaculture ?
Le design en permaculture repose sur une idée simple : imiter les systèmes naturels pour créer des espaces résilients, efficaces et agréables à vivre.
Cela s’appuie sur trois éthiques et douze principes.
Éthique 1 : Prendre soin de la Terre → réduire notre impact, boucler les cycles, éviter le gaspillage.
Éthique 2 : Prendre soin des humains → se faciliter la vie, préserver sa santé, créer un environnement agréable.
Éthique 3 : Partager équitablement → optimiser les ressources et redistribuer les surplus.
Dans un jardin, ça veut dire par exemple : placer les plantes qui demandent le plus de soins près de la maison, récupérer l’eau de pluie, faire cohabiter des espèces complémentaires.
Dans une cuisine… ça veut dire penser aux zones, aux flux, aux cycles et aux productions locales, exactement comme dehors, mais à l’échelle de quelques mètres carrés.
Un bon design en permaculture repose sur l’observation, puis sur l’organisation en zones (du plus proche au plus éloigné), sur la fermeture des cycles (matières, énergie, eau), et sur la recherche du rendement maximum pour un effort minimum.
Principe n°1 – Observer avant d’agir
Dans la précipitation, on veut souvent réorganiser sa cuisine tout de suite : déplacer les meubles, acheter des rangements, vider les placards…
Erreur classique. En permaculture, on observe d’abord.
Pendant deux semaines, j’ai noté :
Les trajets que je faisais le plus souvent (ex : frigo → plan de travail → évier).
Les objets que j’utilisais tous les jours, une fois par semaine ou presque jamais.
Les moments où je perdais du temps (ex : chercher le couvercle de la bonne taille).
Les gestes répétitifs inutiles (ex : traverser la cuisine pour jeter les épluchures).
Cette phase m’a montré que 80 % de mes déplacements concernaient seulement 10 % des objets. Et que mes zones de stockage ne correspondaient pas du tout à la logique de mes gestes.
💡 Astuce : observe aussi les « blocages » d’énergie. Dans mon cas, mon compost était à l’extérieur, ce qui faisait que… je le vidais une fois tous les trois jours, et parfois les épluchures finissaient à la poubelle classique.
Principe n°2 – Les zones appliquées à la cuisine
En permaculture, on définit des zones numérotées de 0 à 5, selon la fréquence d’utilisation :
Zone 0 : l’espace de vie immédiat (maison, cuisine).
Zone 1 : ce qu’on visite plusieurs fois par jour (herbes aromatiques, évier, plan de travail).
Zone 2 : ce qu’on utilise une fois par jour ou moins (épicerie sèche, casseroles utilisées régulièrement).
Zone 3, 4, 5 : les rangements les moins accessibles, les coins pour les toiles d’araignées
Dans ma cuisine, j’ai appliqué ce principe ainsi :
Zone 1 : couteaux, planches à découper, épices, huiles, ustensiles quotidiens placés dans la zone de l’évier/ plan de travail. Et j’ai ajouté sur mon rebord de fenêtre un pot de menthe, et un de ciboulette, que j’arrose avec l’eau de rinçage des légumes
Zone 2 : vaisselle de service, appareils électroménagers utilisés régulièrement, dans les placards facilement accessibles depuis le plan de travail, et compost
Zone 3 : stock alimentaire à moyen terme (épicerie sèche).
Zone 4: garde-manger pour le stockage long (confitures, conserves, herbes sèches… de l’année). Et dans les placards les moins accessibles je mets la bassine à confiture, et les ustensiles que j’utilise le moins.
Résultat : j’ai réduit de moitié mes déplacements internes, et j’ai diminué le gaspillage.
💡Astuce rangement : les éléments les plus utilisés doivent être accessibles sans ouvrir plus d’une porte ou d’un tiroir.
Principe n°3 - Penser en cycles : fermer la boucle
En cuisine, on produit trois grands types de déchets :
Organiques (épluchures, restes de repas, marc de café).
Recyclables (papier, carton, verre).
Non recyclables.
La permaculture nous invite à réduire, réutiliser, recycler et, surtout, à valoriser localement.
J’ai donc installé :
Un petit seau à Bokashi directement à côté de l’évier et un petit bac pour les plus gros déchets à composter au jardin
Un bocal pour queues de persil, bouts de carottes… à congeler pour faire des bouillons maison.
Un système de tri clair et facile d’accès.
J’ai redirigé l’eau de l’évier directement au jardin, et j’arrose avec mon bananier
Résultat : mes poubelles sortent deux fois moins souvent, et je récupère régulièrement un compost riche pour le potager.
Principe n°4 – Produire sur place
La production alimentaire ne se limite pas au jardin.
Dans ma cuisine, j’ai intégré :
Un germoir pour graines (alfalfa, lentilles, radis).
Des pots d’aromatiques sous la fenêtre
Ces petites cultures me permettent d’avoir des aliments ultra-frais toute l’année, à portée de main. Et elles embellissent l’espace.
Principe n°5 – Minimiser l’énergie et maximiser le rendement
Optimiser sa cuisine, c’est aussi gérer l’énergie :
Disposer les zones pour réduire les mouvements.
Utiliser la chaleur résiduelle du four pour finir une cuisson.
Cuire plusieurs plats en même temps.
Ranger verticalement pour gagner en surface utile.
En permaculture, on parle de principe de bordures : chaque espace de transition (ex : rebord de fenêtre) peut être productif. J’ai ainsi installé une planchette sur un radiateur pour poser mon germoir : chaleur douce + lumière → pousse rapide.
Astuces pour aller plus loin et éviter les erreurs fréquentes
Ne pas vouloir tout changer d’un coup : commencer par une zone.
Observer avant d’acheter du matériel.
Adapter à son mode de vie (cuisine familiale ≠ cuisine solo).
Impliquer toute la famille dans le nouveau fonctionnement.
Conclusion : un pas vers l’autonomie… depuis la maison
Appliquer le design en permaculture à sa cuisine, c’est gagner du temps, réduire le gaspillage et produire de la valeur… sans avoir besoin d’un jardin.
C’est aussi une première étape vers plus d’autonomie et plus de conscience dans nos gestes quotidiens.
Parce qu’avant de transformer le monde… on peut commencer par transformer notre cuisine.

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Corinne Abbassi, co-fondatrice de L'ombre du palmier

L’ombre du palmier, c’est plus qu’une entreprise, c’est un choix de vie. Afin de vivre pleinement mes engagements pour un mode de vie qui ne nuit pas à la planète, j’ai choisi d’habiter à la campagne, et d’adopter une vie simple, autour d’une activité agricole, qui participe à fournir des besoins essentiels tout en contribuant à la régénération du paysage. Ce cheminement bien que personnel nécessite une transformation plus large. Et c’est pour cela que je partage avec vous mes expériences.