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Le compost en permaculture

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Le compostage est une technique, et comme toutes les techniques, le compostage s’applique dans certains contextes. C’est à dire qu’il y a aussi des raisons de ne pas composter, ou des contextes où l’apport de compost n’est pas la technique la plus appropriée.

Les concepts clés qui nous guident

En permaculture, l’objectif est l’efficience énergétique: faire le plus avec le moins et le plus longtemps possible. Pour y arriver, on s’appuie particulièrement sur les schémas de fonctionnement de la nature suivants :

  • le placement relatif: organiser les éléments pour valoriser les complémentarités, afin de fonctionner en cycle. Les besoins des uns sont fournis par d’autres et les produits et services pareils.
  • le zonage: on place près de soi ce qui demande le plus d’attention. Et on ne peut pas apporter toute notre attention à beaucoup de choses. De fait, la zone qui peut recevoir le maximum d’attention est de taille réduite. Par voie de conséquence, les zones les plus éloignées, qui recevront moins d’attention, seront organisées pour demander moins. Les techniques employées répondent à la stratégie d’auto-maintenance, de systèmes applicables à plus grande échelle.
  • la multiplicité: les fonctions importantes sont assurées par plusieurs éléments. Autrement dit, “on ne met pas tous ses œufs dans le même panier”. 
  • le fonctionnement en cycle: la nature recycle tout, l’eau, les nutriments… nos pratiques s’appuient sur les cycles naturels pour les favoriser, les dynamiser, les accélérer. Ainsi, les processus naturels peuvent mieux servir nos besoins. 

Quels sont les besoins d’un compost?

Avec ces principes en tête, regardons ce dont a besoin le compostage, et ce qu’il produit. Comme ça nous pourrons voir avec quels autres éléments nous pouvons/devons le connecter pour à la fois le réaliser comme il faut et valoriser au mieux tout ses produits.

Entrants (besoins) Sortants (produits)
Matière organique verte Compost
Matière organique brune Chaleur
Fumier (optionnel) Valorisation des déchets
Abri – espace Co²
Eau (non chlorée) Vie du sol
Aération (travail – énergie) Sol riche sous le tas – lessivage
Contrôle (temps- distance)  

Ce tableau est valable quelle que soit la méthode de compostage en tas. Donc idéalement le tas de compost devrait se trouver à proximité d’une source de matière organique verte et brune, éventuellement d’un bâtiment hébergeant des animaux, d’une source d’eau de pluie ou souterraine, dans un lieu abrité de la lumière directe et des pluies, assez grand pour permettre le retournement du tas ET dans la zone de surveillance maximale.

En clair, pas trop loin de la maison, du potager et/ou de la bergerie ou du poulailler et aussi de la citerne d’eau de pluie ou de la source, mare, dans un endroit abrité situé sur mes trajets fréquents…

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Formation du tas de compost

Ceux qui ont déjà réalisé un tas de compost savent que ça demande beaucoup d’énergie dont une partie se perd sous diverses formes:

  • la chaleur: pas facile à valoriser, vue qu’il faut manipuler le tas, et qu’elle est disponible peu de temps (3 semaines environ)
  • le CO² produit par l’activité respiratoire des bactéries
  • les nutriments: une partie est consommée par les bactéries qui opèrent à transformer la matière et une partie est lessivée dans le sol sous le tas
  • le temps de travail pour collecter et assembler le tas, le retourner, l’humidifier, et les visites de contrôle.

Vous aurez aussi remarqué le volume de matière brute qu’il faut pour produire une quantité significative de compost. C’est donc un produit “luxueux”.

Alors quels sont les usages appropriés du compost?

Dans ce cadre, le compost est une technique que l’on réservera à l’entretien de la zone de production intensive qu’est le potager de la zone 1 ou dans les cas où on a beaucoup de biomasse à traiter (tonte, désherbage/fauche, élevages… ).

C’est une technique qui demande aussi une certaine maitrise des processus à l’œuvre. Comme en pâtisserie, on obtient une variété de desserts en mélangeant de la farine du sucre et des œufs, y compris des choses immangeables. Le compost c’est pareil, il y a des dosages à respecter pour obtenir le produit qui convient le mieux à son sol et ses objectifs. Des expérimentations et une certaine rigueur sont nécessaires pour que le compost remplisse bien ses fonctions de régénération et d’entretien de la fertilité.

Que faire à part composter?

On commence toujours par s’interroger sur ses besoins. Est-ce que je veux du compost d’abord pour fertiliser et améliorer mon sol ou pour gérer mes déchets végétaux?

Pour entretenir la fertilité, il existe autant de techniques que de jardiniers! Et vous aussi vous pouvez développer votre propre technique en revenant aux fondamentaux. La fertilité s’entretient grâce à l’action complémentaire des plantes et de la vie du sol. Les racines et la vie du sol ont les mêmes besoins que nous:

  • de l’eau
  • de l’air
  • de la nourriture
  • un habitat

Un sol couvert par une litière et des plantes vivantes apporte tout ça! Il y a plein de façon d’arriver à ce résultat à partir du moment où vous réfléchissez par rapport aux besoins de la vie du sol.

Si vous souhaitez gérer vos déchets ménagers par exemple, ou les résidus de culture, là aussi il y a une multitude de techniques. La plus simple étant d’épandre au sol les déchets, voire de les incorporer dans la couche superficielle du sol, avec un outil à dent.

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