Permaculture humaine

La permaculture humaine c’est l’art de bâtir des communautés durables

Appliquer les principes de la permaculture à soi-même et aux groupes sociaux

De l’importance du facteur humain

Lorsqu’on sait que la cause principale d’échec des initiatives de vivre ensemble (écolieu) est le facteur humain, on comprend pourquoi il est indispensable de faire évoluer nos comportements et certains de nos repères ancrés profondément.

Voici ici quelques pistes à creuser afin de réussir ses projets, car même si on ne cherche pas à bâtir un écohameau, nos projets ont toujours une dimension collective et sociale. Et bien sûr, la première clé de réussite c’est nous-même, nos attitudes, nos comportements. Et c’est par là qu’il faut commencer !

Appliquer la méthode du design à sa vie


 

Prendre soin de soi

Se connaître soi-même est la première étape pour réaliser ses pleins potentiels. S’interroger sur ce qui nous plait vraiment, ce qu’on aime faire sans voir le temps passer.

Faire le tri aussi dans ses besoins et être sincère avec soi-même: on a parfois tendance à s’idéaliser, croire par exemple que la vie à la campagne nous comblera alors qu’on a un fort besoin de lieux de sociabilité, de culture…

Accepter de prendre le temps nécessaire. Dans cette époque où l’inactivité est renvoyée comme le visage de la fainéantise, où il faut aller vite, ce n’est pas toujours évident de prendre des pauses. Des moments où le cerveau est laissé libre. La rêverie, la contemplation, la méditation sont des sources de la créativité, où le cerveau compose des idées nouvelles.

Prendre soin de son corps, de son bien-être physique est l’autre moitié indissociable du travail sur soi.

Prendre conscience et éliminer petit à petit les habitudes ou comportements néfastes et les remplacer.

Mener le travail sur soi sur l’aspect psychologique et physique en même temps sera un atout car l’un influence l’autre.

Appliquer le design à soi-même

Certains permaculteurs appellent cela la zone 00. Ceci nous rappelle qu’en permaculture le design s’organise en zone, selon la proximité et l’intensité de l’activité nécessaire. Et naturellement il n’y a pas de système plus proche que nous-même. On ne saurait prétendre s’occuper d’un autre système si l’on ne sait pas d’abord s’occuper de soi. Bien sûr, l’important est le cheminement et nous n’attendrons pas d’avoir réglé tous nos « problèmes » pour engager des actions au delà de nous-même.

Pour autant, les communautés humaines ne trouveront leur stabilité que lorsque les individus auront cheminer suffisamment.

Savoir communiquer

La base du fonctionnement social c’est la communication. Etre capable d’échanger ses idées, ses points de vue, ses émotions de façon constructive. Et en retour être capable d’écouter, de comprendre l’autre.

Dans un monde fondé sur la compétition, sur l’obligation de réussir, d’être le meilleur, la communication est souvent cantonnée à l’argumentation, où les idées importent peu, seulement de savoir qui aura le dernier mot. Les émotions sont vécues comme des signes de faiblesse et on renvoie sur l’autre la responsabilité de ce qu’on éprouve.

 

Aujourd’hui, il est possible d’être accompagné dans le changement d’attitudes et de perceptions pour pouvoir communiquer efficacement et respectueusement. Car les mécanismes sont ancrées au plus profond de nous-mêmes, dès l’apprentissage de la langue maternelle qui véhicule les règles sociales. Et tout ça est même inscrit dans notre ADN.  Cela prendra certainement plus que la volonté pour ancrer de nouveaux modes.

On trouvera du soutien dans les approches de la communication bienveillante, non violente, l’écoute active.

 

Vers la coopération et la bienveillance


 

Fonctionner ensemble

Lorsqu’on décide de travailler en équipe on est confronté rapidement à des questions structurelles: comment prendre les décisions, fixer le cadre collectif, répartir les tâches, être efficace, garantir l’épanouissement individuel…

A chaque niveau ses outils, et bien sûr la créativité est encouragée pour adapter et innover selon son contexte.

Pour l’organisation de structure collective, comme un habitat groupé, une coopérative, une association, ou même une entreprise, la sociocratie propose une base qui a fait ses preuves.

La prise de décisions par consentement, le fonctionnement en cercles, les doubles liens et l’élection sans candidat sont les quatre règles de base de ce mode de gouvernance.

En savoir plus sur http://sociocratie.net

Pour la gestion de projet, on trouve divers outils, certains sont compilés dans le livre « Faire ensemble » de Robina McCurdy disponible ici. Des outils pour organiser son temps comme le calendrier saisonnier, pour organiser les idées et avoir une vison globale comme les cartes mentales (mindmap), des outils pour stimuler sa créativité comme la méthode des six chapeaux…

Vers un mode de coopération et de bienveillance

Tous ces aspects de la permaculture humaine pointent vers des outils qui développent la coopération et la bienveillance. La stabilité des communautés humaines repose sur l’équilibre entre la satisfaction des besoins individuels et collectifs.

Cet équilibre a toute les chances de s’obtenir par une communication efficace et de modes de fonctionnement inclusif.